Qu’est-ce la Boulimie?
La boulimie (ou boulimie nerveuse) est une maladie mentale grave. Elle peut toucher n'importe qui, quel que soit l'âge, le sexe, milieu socio-culturel ou statut socio-économique. La boulimie se caractérise par :
Une consommation compulsive d'une quantité anormalement élevée de nourriture en un court laps de temps. Pendant ces crises de boulimie, la personne a la sensation de perdre le contrôle, de ne plus s’empêcher ni s’arrêter d’ingurgiter des aliments.
Comportements compensatoires inappropriés visant à limiter la prise de poids, tels que des vomissements provoqués, prise de laxatifs ou de diurétiques, un jeûne ou un exercice physique excessif.
Les crises boulimiques sont souvent très pénibles et les personnes concernées peuvent se sentir piégées dans un cycle de frénésie et de purge.
La boulimie, comme pour l’anorexie, est souvent une stratégie pour la personne de faire face à des émotions ou à situations difficiles
A NE PAS CONFONDRE!
“Boulimie” et “Hyperphagie Boulimique”
La boulimie se caractérise par des crises alimentaires récurrentes pendant lesquelles l’individu ingère de grandes quantités d’aliments sur un temps restreint à la fois qu’il a recours à des comportements compensatoires inappropriés (purge, exercice physique intense, prise de laxatifs).
L’hyperphagie boulimique se caractérise aussi par des crises alimentaires récurrentes. De la même façon, l’individu ingère de grandes quantités d’aliments sur un temps restreint, mais par la suite, contrairement à la boulimie, il n’a pas recours à des comportements compensatoires inappropriés.
Quelles sont les causes ?
Les causes de la boulimie sont multiples, complexes et difficiles à établir. Elles sont communes à tous les troubles du comportement alimentaire (TCA), comme l’anorexie mentale et l’hyperphagie boulimique. Elles peuvent être génétiques, neurobiologiques, psychologiques ou familiales.
Causes génétiques : L’origine du trouble peut provenir de facteurs de vulnérabilité qui se transmettent génétiquement, comme l’impulsivité qui représente l’un des signes majeurs de la boulimie, ou une prédisposition aux addictions.
Cause neurobiologique : Un dysfonctionnement de la transmission de la sérotonine peut altérer les sensations ressenties au niveau de la satiété et de la faim. Le centre de la satiété neuronale n’est donc plus stimulé correctement, donc la régulation de l’appétit ne se fait pas correctement. S’ajoute à cela la question hormonale : des niveaux élevés de cortisol, une hormone liée au stress, ainsi qu’une sérotonine anormalement basse – un neurotransmetteur lié aux humeurs et aux comportements alimentaires – sont souvent observés chez les personnes atteintes de boulimie.
Cause psychologique : La boulimie révèle avant tout des difficultés de développement dans l’enfance, bien souvent dès les premiers mois de la vie. L’origine peut venir de problèmes liés à la construction de l’identité, à des formes d’insécurité, de dysfonctionnements dans les relations parent/enfant.
Cause familiale : Les relations sont fréquemment dysharmonieuses. Des transmissions psychiques conscientes ou inconscientes, un traumatisme ou des vécus négatifs se distribuant imperceptiblement d’un parent à un enfant peuvent également entrer en jeu. Par ailleurs, il existe parfois un contexte familial, voire un contexte transgénérationnel. Très souvent, on retrouve un contexte traumatique personnel important, des traumatismes sexuels ou des violences d’un autre ordre. Ces troubles sont ensuite réactualisés et trouvent une acuité particulière au cours de l’adolescence, au moment où le corps se transforme.
Quels sont les facteurs de risque ?
Des évènements de la vie (facteurs de stress psychique, maltraitance, perte d'un être cher, traumatisme sexuel...), la mise en place d'un régime alimentaire restrictif ou la survenue de vomissements au cours d'une maladie peuvent déclenchés un trouble du comportement alimentaire et influer sur sa chronicité. Il existe par ailleurs une pression sociétale forte autour du corps des femmes. Dans les pays occidentaux, la minceur est devenue une valeur culturelle qui met une contrainte morale très importante sur les jeunes filles et les jeunes femmes, à qui l’on demande d’afficher une morphologie « parfaite».
Quels sont les symptômes ?
Les symptômes de la boulimie (ou boulimie nerveuse) incluent un ensemble de signes comportementaux, émotionnels et physiques. Voici les principaux :
Signes comportementaux :
Crises de boulimie : Ingestion excessive et rapide de grandes quantités de nourriture, souvent en secret.
Comportement compensatoire : Vomissements provoqués, usage excessif de laxatifs, jeûne ou exercice physique intensif pour "compenser" la prise alimentaire.
Obsession avec le poids et l'apparence : Préoccupation excessive vis-à-vis de son image corporelle et une peur intense de prendre du poids.
Isolement social : Évitement des repas en public ou d’événements sociaux où la nourriture est impliquée.
Signes psychiques :
Sentiment de honte ou de culpabilité après les crises alimentaires.
Baisse de l'estime de soi liée à l'apparence physique et au poids.
Variations émotionnelles : irritabilité, anxiété ou dépression fréquentes.
Signes physiques:
Inflammation de la gorge due aux vomissements répétés.
Douleurs abdominales et ballonnements après des crises de boulimie.
Fluctuations de poids importantes mais souvent sans signe évident d'obésité ou de maigreur extrême.
Carences nutritionnelles qui peuvent entraîner de la fatigue, des vertiges et des cheveux ou ongles fragiles.
Quelles sont les conséquences à long terme?
Les conséquences à long terme de la boulimie peuvent être graves, affectant de nombreux aspects de la santé physique et mentale. Voici quelques-unes des principales conséquences :
Conséquences physiques:
Problèmes gastro-intestinaux : La boulimie provoque des troubles gastro-intestinaux chroniques. Les vomissements répétés peuvent entraîner une inflammation de l'œsophage, des ulcères, voire des saignements internes. L'utilisation excessive de laxatifs conduit à des problèmes de constipation chronique et au syndrome de l'intestin irritable. De plus, les crises de boulimie peuvent provoquer des ballonnements, des douleurs abdominales et un dysfonctionnement digestif général.
Dommages aux dents et à la bouche : Les vomissements fréquents exposent la bouche à des acides gastriques qui endommagent l’émail des dents, causant leur érosion. Cela peut conduire à des caries dentaires, une sensibilité accrue, et même à la perte de dents. L’acidité des vomissements affecte également les gencives, provoquant des douleurs et des infections buccales chroniques.
Problèmes cardiaques : Les déséquilibres électrolytiques causés par les vomissements, l’usage de laxatifs et la déshydratation peuvent provoquer des arythmies cardiaques (rythme cardiaque irrégulier) et des palpitations. Ces perturbations peuvent évoluer vers une insuffisance cardiaque sévère, parfois fatale. Les carences en potassium, en sodium et en calcium sont particulièrement dangereuses pour la santé cardiovasculaire.
Troubles hormonaux et reproductifs : Les déséquilibres hormonaux sont fréquents chez les personnes atteintes de boulimie. Les femmes peuvent souffrir d’aménorrhée (absence de menstruations), ce qui peut perturber leur fertilité à long terme. Des perturbations hormonales générales peuvent également entraîner des problèmes d’humeur et de métabolisme, affectant la qualité de vie.
Ostéoporose : En raison des carences nutritionnelles, notamment en calcium et en vitamine D, la boulimie peut entraîner une diminution de la densité osseuse, augmentant le risque d’ostéoporose. Ce trouble rend les os plus fragiles et vulnérables aux fractures, surtout chez les jeunes adultes.
Problèmes rénaux : La déshydratation chronique, exacerbée par l’usage de diurétiques et de laxatifs, peut causer des dommages rénaux irréversibles. Cela peut conduire à une insuffisance rénale à long terme, une condition potentiellement fatale si elle n'est pas traitée à temps.
Système immunitaire affaibli : Les carences nutritionnelles peuvent affaiblir le système immunitaire, rendant la personne plus vulnérable aux infections et aux maladies.
Conséquences psychiques :
Dépression et anxiété chroniques : Les comportements boulimiques peuvent entraîner des cycles de culpabilité, de honte et de désespoir, exacerbant les troubles de l'humeur et l'anxiété sur le long terme.
Baisse de l'estime de soi : La relation conflictuelle avec la nourriture et le corps, ainsi que les échecs répétés pour contrôler les crises de boulimie, peuvent provoquer une détérioration de l'estime de soi et un sentiment d'impuissance.
Risque accru de troubles obsessionnels-compulsifs (TOC) : Les rituels alimentaires et les pensées obsessionnelles autour de la nourriture et du poids peuvent évoluer vers des comportements compulsifs, intensifiant ainsi les symptômes de TOC.
La boulimie, c'est sérieux !
Le taux de mortalité lié à la boulimie est difficile à déterminer avec précision, mais il est significativement élevé en raison des complications physiques et psychologiques graves associées à ce trouble. Les études montrent que le taux de mortalité associé à la boulimie est estimé entre 3% et 5%. Cependant, ces chiffres varient selon les populations étudiées et la durée du suivi.
Causes de mortalité liées à la boulimie :
Complications médicales : Les déséquilibres électrolytiques, en particulier les niveaux bas de potassium (hypokaliémie), peuvent provoquer des arrêts cardiaques soudains, qui sont l'une des principales causes de décès chez les personnes souffrant de boulimie.
Suicide : Le taux de suicide est également plus élevé chez les personnes atteintes de boulimie, en raison de l'association fréquente avec des troubles psychiatriques tels que la dépression, l'anxiété ou le trouble de la personnalité borderline.