Les TCA: Entre Mythes et Réalités
Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont des maladies psychiatriques graves qui ne doivent pas être confondues avec une perte d’appétit, du grignotage ou des restrictions alimentaires liées à un régime.
Vouloir manger plus sain ou prendre soin de son corps n’implique pas nécessairement le développement d’un TCA. Mais si ce comportement devient une obsession qui prend le dessus de la vie de la personne concernée, il faut se poser des questions, surtout si la personne commence à manifester une relation perturbée vis-à vis de son alimentation et de son corps et à sacrifier des aspects chers à vie quotidienne (relations sociales, hobbies, etc.).
Un TCA est une pratique alimentaire « anormale » associée à une grande souffrance psychique, qui s’installe durablement et dont les conséquences pour la santé de l’individu peuvent être graves. Dans ce type de maladie mentale, les attitudes face à son corps, à son poids et à la nourriture sont perturbées. Le fonctionnement psychosocial et la qualité de vie y sont également très altérés.
L’origine des TCA est multifactorielle. On considère qu’il existe pour un individu des facteurs de vulnérabilité (facteur génétique ou biologique), des facteurs précipitants (régime alimentaire strict, puberté, modifications hormonales, évènement de vie stressant) et des facteurs de maintien du trouble (déséquilibres biologiques induits, bénéfices psychologiques ou relationnels).
Potentiels facteurs déclencheurs d'un Trouble du Comportement Alimentaire (TCA)
Il est important de se rappeler que les troubles du comportement alimentaire vont au-delà de la relation de la personne vis-à-vis de son image corporelle. Le problème de fond n’est pas l’alimentation, le poids, ou le corps en soi, mais la manière dont ceux-ci sont utilisés afin de faire face à des émotions et situations difficiles. La façon dont la personne traite son alimentation et son corps peut en effet lui donner l'impression d'être plus apte à faire face au stress, contrôler ses émotions, ou réduire son anxiété dans un monde incertain. Ceci peut être particulièrement le cas parmi les jeunes en phase de puberté, où le corps change et le besoin d’acceptation et de reconnaissance extérieure peut être plus forte que jamais.
Les personnes souffrant d’un TCA se sentent souvent seules et incomprises par leurs famille et amis. Les proches peuvent se sentir impuissants et exclus de la vie de la personne malade, à la fois qu’ils veulent la comprendre et l’aider.
Rompons avec nos mythes!
Les TCA ne sont donc pas un choix ni un caprice, mais plutôt un “remède” (souvent inconscient) que la personne utilise pour étouffer des problèmes d’estime personnelle et des sentiments difficiles. C’est donc la relation qu’elle entretient avec la nourriture et son corps qui doit servir d’indice (ex. compulsion alimentaire, exercice excessif, vomissements, obsession pour perdre du poids ou modeler le corps, comportements alimentaires rigides, s’isoler pour manger, etc.).
Par ailleurs, et malgré les croyances, les TCA ne sont pas l’apanage de jeunes filles capricieuses. Ces troubles peuvent toucher n’importe lequel d’entre nous indépendamment de son âge, sexe, statut socio-économique ou milieu culturel.
Quels sont les principaux symptômes?
Les symptômes s’observent à différents niveaux : comportementaux, physiques, psychologiques et psychiques.
Symptômes comportementaux : Les TCA se manifestent notamment par des régimes à répétition, une restriction alimentaire souvent accompagnée d’une liste d’aliments « interdits » et « autorisés », des accès hyperphagiques, des vomissements, une activité physique excessive, la présence de rituels obsessifs durant la consommation des aliments, etc.
Symptômes physiques : Les TCA se caractérisent par des changements rapides de poids, de la fatigue, des étourdissements, des évanouissements, une sensibilité au froid pour l’anorexie, un arrêt ou des perturbations des menstruations. Si la personne n’est pas traitée à temps, des problèmes cardiovasculaires mortelles peuvent survenir (les arrêts cardiaques sont cause fréquente de décès), ainsi que des complications rénales (dysfonction de la capacité de filtration des reins), gastro-intestinales (constipation chronique et brûlures d’estomac), dermatologiques (perte de cheveux, peau sèche), et osseuse (ostéoporose). Les carences nutritionnelles peuvent aussi engendrer de nombreuses complications lors de la grossesse en augmentant les risques de fausses couches, morts in utero, ou malformations congénitales.
Symptômes psychologiques et psychiques : Les principaux signes se dévoilent par une peur intense de prendre du poids, une obsession grandissante pour son image corporelle, régime alimentaire, ainsi qu’une sensibilité aux critiques sur son apparence physique, une perte de contrôle ou rejet face à certains aliments, une anxiété accrue, une humeur instable, une faible estime de soi, un état irritable jusqu’à l’état dépressif et/ou suicidaire.
Médicalement reconnus, les Troubles du Comportement Alimentaire sont mortels et nécessitent une prise en charge multidisciplinaire adaptée.